LE TRESSAGE DE LA PAILLE ET L'INDUSTRIE CHAPELIERE DANS LA VALLEE DU GEER.
Dès les temps les plus anciens, les habitants de la Vallée du Geer étaient renommés pour leur habilité à tresser la paille et l'osier. De délicieuses légendes sont nées sur l'origine lointaine de cette industrie locale, on les croirait extraites d'un vieux grimoire ,(lire également "on disait que" dans la rubrique conte, c'est un conte inspiré d'une légende de la vallée du Geer "la légende des sotais) :
C'était au début du XVIe siècle, le château de Glons, qui portait le nom de Brus, était habité par un seigneur hautain et violent, coupable d'un crime énorme. Pour expier sa faute, le seigneur s'engagea à accomplir un pèlerinage à Rome. Sur son chemin il rencontra un Ermite qui s'infligeait de terribles souffrances en portant un cilice de paille. Pour se faire plus rapidement pardonner son terrible péché, le Seigneur de Brus rapporta de son voyage le même curieux vêtement en faisant serment de le porter à son retour, ce qu'il fit. Après les années, le cilice s'élima, son épouse, la douce châtelaine, de ses doigts agiles habitués au fuseau, essaya de réparer le vêtement. Elle échoua, s'entêta, et finit par réussir un peu... puis tout à fait. La fantaisie la poussa ensuite à exécuter plusieurs ouvrages, entre autres un chapeau. Tous ceux qui le virent en furent émerveillés. La châtelaine initia quelques jeunes filles à l'art qu'elle avait appris de si étrange façon. Le succès ne se fit pas attendre, ont vendit les nouvelles coiffures à Liège d'abord puis dans les villes plus lointaines. Quant le seigneur mourut, il eut la consolation et le bonheur de pouvoir se dire que les habitants de la vallée du Geer étaient dotés d'une industrie riche et féconde grâce à lui.
La ferme du Seingeur de Brus à Glons, c'est dans la petite tour carrée que le Seigneur de Brus passa les dernières années de sa vie à faire pénitence en portant le cilice
Un règlement du métier des retondeurs à Liège(dont les tresseurs de paille de la Vallée du Geer faisaient partie) et datant de 1453, mentionne déjà leurs doits d'exercer leurs droits dans ce métier. Au cours du temps, suite aux expériences successives on perfectionna la matière première, les techniques et surtout l'outillage. Le principal artisan de cette «modernisation» fut sans conteste le Curé Ramoux, qui perfectionna les procédés employés pour préparer la tresse de paille. Il inventa de nouveau outils pour faciliter le travail des ouvriers de la paille, dont un, minuscule mais combien astucieux : le «parteus » ou «usteye»,
petit outil cylindrique et creux en fer dans lequel sont disposées en étoiles des lames effilées en nombre variable. On s'en servait pour fendre les tiges dans le sens de la longueur. Après de multiples manipulations, la paille pouvait être tressée. Femmes et enfants s'y mettaient, la tresse enroulée autour de l'avant-bras tandis que les doigts agiles et nerveux tordaient pliaient les fétus humides, ont conduisait la vache à sa pâture tout en lançant quelques quolibets bien sentis à l'adresse des gens de passage.
Une tresseuse
Durant les longues soirées d'hivers, on se réunissait autour du poêle pour tresser tout en se racontant les menus événements et commérage avec maints détails croustillants. C'était les fameuses «sises » ou soirées.
Mais la tresseuse ne se bornait pas uniquement à tresser, elle transformait également les tresses en jolis chapeaux que l'on baptisait du nom des villes auxquels, ils étaient destinés. De très longue date nos chapeliers essaimèrent les grandes villes d'Europe, certains s'y fixèrent. Ils firent alors appel à notre main d'oeuvre locale. C'est ainsi que nos chapeliers allaient faire «campagne»
Une "Toulousaine"
Hélas, tresses, et chapeaux de paille sont devenus des objets de musée. Ne pouvant rivaliser avec l'apparition des pailles étrangères moins chères, le travail de la paille a du déclarer forfait. La dernière guerre a donné un coup fatal à l'industrie chapelière de la Vallée du Geer.! Heureusement, certains greniers ont jalousement conservé leurs trésors. Nicole et Freddy Close ont rassemblé les derniers souvenirs du travail de la paille dans la vallée du Geer. Dès 1960, ils dressent un inventaire, collectent des objets et rassemblent des photos.
Le Musée d'Eben . Ferme où son rassemblés les souvenirs des siècles passés (D Pâques)
Tous ces souvenirs sont rassemblés dans une ferme restaurée du XVIIIe, et, c'est à l'étage que vous trouverez les souvenirs de l'industrie de la paille. Toutes les étapes en sont représentées, depuis la tige d'épeautre jusqu'au chapeau.
L'atelier du chapelier au Musée d'Eben de Freddy et Nicole CLose (D Pâques)
Il existait un musée de la paille à Roclenge sur Geer. On pouvait y admirer les chefs d'oeuvre réalisés par les artistes chapeliers dans leurs moments de loisirs : des drapeaux de sociétés, tapis etc... Les objets de ce musée ont été transférés au Musée de la Vie wallonne ! signe des temps
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